Les doléances de 2018/2019

Les cahiers de doléances témoignent d’un attachement profond à la République, d’un désir de la voir renaître au plus près des vies réelles. Afin d’en faciliter la lecture, cinq grands axes ont été dégagés. Ils ne résument pas toute la richesse du corpus, mais en révèlent les résonances majeures : Bien vivre ici, Refaire société, Prendre soin du vivant, Refonder l’action publique, Retrouver confiance et espérance.

La Synthèse des doléances

Les grandes thématiques et lignes qui ressortent de l'analyse des doléances par des dizaines de groupes associatifs départementaux

BIEN VIVRE ICI

On ne demande pas le luxe, on demande la décence.” Cahier de doléances, Corrèze.

Derrière les milliers de pages écrites dans les mairies, c’est une plainte simple et universelle qui résonne : le quotidien devient trop dur, trop cher, trop inégal. Les citoyens parlent d’argent, oui, mais surtout de dignité, de reconnaissance et de respect.

Vivre de son travail, pas avec sa colère

On travaille, on compte, on se prive et pourtant on s’en sort à peine.
Cahier de doléances, Aisne.

Les cahiers racontent une France du travail et du mérite, fatiguée d’entendre qu’elle coûte trop cher alors qu’elle ne vit plus décemment. Ils ne réclament pas l’assistanat, mais le respect du travail. Les citoyens veulent que la République tienne à nouveau sa promesse : Les propositions citoyennes appellent notamment à une économie au service de la vie :

  • revaloriser les petits salaires et les retraites modestes,

  • lutter contre la précarité et les emplois sous-payés,

  • favoriser les circuits économiques locaux, plutôt que la spéculation.

La justice fiscale

Rendez-nous l’ISF, et rendez-nous la justice !” Cahier de doléances, Indre.

Mais derrière la question du revenu, c’est la justice fiscale qui revient avec force, qui est la première demande exprimée depuis les cahiers de doléances. La question fiscale n’est pas technique : elle est morale et politique. C’est la mesure même de la confiance entre le peuple et l’État. Quand la justice fiscale s’efface, la solidarité s’effondre.
Partout, les Français demandent :

  • le rétablissement de l’Impôt sur la Fortune (ISF) comme symbole d’équité,
  • la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales,
  • une TVA plus juste, allégée sur les produits de première nécessité et écologiques,
  • et un revenu minimum digne, garantissant à chacun de vivre sans honte.

Se loger, se déplacer, accéder aux services

“Ici, il faut vingt kilomètres pour un médecin et dix pour un pain.” Cahier de doléances, Nièvre.

Les doléances racontent un pays où l’accès à la santé, au logement et aux mobilités devient une épreuve. Elles parlent des loyers qui explosent, des maisons vides dans les villages, des services publics qui ferment les uns après les autres.
Les habitants demandent simplement :

  • de pouvoir se loger décemment, sans spéculation,
  • de retrouver des transports du quotidien accessibles à tous,
  • de revoir une offre de soins de proximité, avec médecins, pharmacies et hôpitaux à distance humaine,
  • de garantir une couverture médicale universelle, partout sur le territoire.

Se soigner et prendre soin

“Ici, il faut vingt kilomètres pour un médecin et dix pour un pain.” Cahier de doléances, Nièvre.

Les doléances racontent un pays où l’accès à la santé, au logement et aux mobilités devient une épreuve. Elles parlent des loyers qui explosent, des maisons vides dans les villages, des services publics qui ferment les uns après les autres.
Les habitants demandent simplement :

  • de pouvoir se loger décemment, sans spéculation,
  • de retrouver des transports du quotidien accessibles à tous,
  • de revoir une offre de soins de proximité, avec médecins, pharmacies et hôpitaux à distance humaine,
  • de garantir une couverture médicale universelle, partout sur le territoire.

Reconstruire les fondations du commun

Les villages ne demandent pas la charité, ils demandent les moyens d’agir.” Cahier de doléances, Gers

Les habitants ne veulent plus dépendre de décisions venues d’ailleurs. Ils veulent pouvoir refaire société à partir de leurs territoires : réparer, cultiver, inventer ensemble. Bien vivre ici, c’est retrouver la fierté d’habiter quelque part, et la capacité de transformer ensemble son lieu de vie en ressource d’avenir.
Les propositions citoyennes appellent à :

  • soutenir les initiatives locales et coopératives,
  • encourager l’économie sociale et solidaire,
  • réinvestir les centres-bourgs,
  • préserver le patrimoine bâti et les paysages,
  • et reconnaître la création de valeur locale comme essentielle au bien commun.

Une économie à visage humain

“L’économie ne doit pas diriger la vie, elle doit la servir.” Doléances, Drôme

Les doléances invitent à un renversement : les propositions issues du corpus évoquent une économie circulaire, solidaire, écologique, fondée sur le bon sens et la coopération. Le bien vivre ici devient ainsi une boussole politique : celle d’un modèle où l’équité, la sobriété et la solidarité remplacent la logique du profit.
Elles défendent :

  • la souveraineté alimentaire et énergétique,
  • la proximité des échanges,
  • la transition vers des modèles soutenables,
  • et le respect du travail humain et du vivant.

REFAIRE SOCIÉTÉ

“On vit les uns à côté des autres, plus les uns avec les autres.” Cahier de doléances, Loir-et-Cher.

Les cahiers de doléances disent une même chose, du Nord au Sud : le lien social s’est effiloché, rongé par la solitude, la méfiance, l’accélération. Mais sous les mots de désarroi affleure une autre énergie : l’envie de renouer, de retisser, de se reconnaître à nouveau comme peuple.

Éduquer à la citoyenneté, dès l’école

“L’école devrait apprendre à vivre ensemble, pas seulement à réussir seul.”
Cahiers de doléances, Eure

Les doléances rappellent que l’école est le premier lieu du vivre-ensemble.
Les citoyens y voient non seulement un lieu d’instruction, mais une fabrique du civisme, du respect et de la solidarité. Beaucoup s’inquiètent d’un enseignement trop compétitif, trop éloigné de la vie réelle.
Les propositions citoyennes appellent à :

  • revaloriser les enseignants et leur rôle social,
  • intégrer l’éducation civique et écologique dans tous les parcours,
  • lier l’école à son territoire (projets locaux, rencontres intergénérationnelles),
  • donner du temps à la parole, au collectif, à l’expérience.

La culture du lien

“On a besoin de maisons du vivre-ensemble, pas de nouveaux centres commerciaux.” Cahier de doléances, Ariège

Les citoyens parlent peu d’institutions culturelles, mais beaucoup de lieux de rencontre. Ils regrettent la disparition des fêtes de village, des bals, des cafés associatifs, des lieux où l’on débat sans se juger. Refaire société, c’est redonner des lieux et du temps à la convivialité, où la culture redevient un langage commun et la fraternité une pratique quotidienne.

Les propositions issues du corpus insistent sur :

  • la culture comme vecteur de lien social et d’émancipation,
  • le soutien aux initiatives locales (ciné-clubs, chorales, bibliothèques, musées vivants),
  • la création de tiers-lieux ouverts où se croisent habitants, jeunes, anciens, artistes, élus,
  • et la reconnaissance du temps bénévole et associatif comme richesse du pays.

Reconnaître la valeur de l’engagement

“Sans les associations, tout s’écroulerait.” Cahier de doléances, Haute-Savoie

Les doléances saluent la force tranquille de ceux qui s’engagent — bénévoles, élus, soignants, éducateurs, pompiers, syndicalistes, voisins solidaires. Mais elles dénoncent aussi leur fatigue et leur invisibilité. Refaire société, c’est rendre visibles ceux qui tissent le quotidien et rétablir une forme d’équité symbolique : celle qui honore le service du commun autant que la réussite individuelle.
Les citoyens demandent :

  • la reconnaissance concrète du bénévolat et du volontariat,
  • un appui public durable aux associations,
  • la simplification administrative pour ceux qui agissent,

Fraternité au quotidien

“La fraternité, c’est le mot qu’on a oublié sur les frontons.” Cahier de doléances, Dordogne

Les citoyens aspirent à une société plus bienveillante, moins dure, moins fragmentée. Refaire société, c’est faire de la fraternité une politique du lien et du soin, où la dignité de chacun devient la condition de la cohésion de tous. Ils veulent retrouver la possibilité de s’entraider sans suspicion, de discuter sans se juger.
Les propositions citoyennes évoquent :

  • la lutte contre l’isolement (personnes âgées, jeunes, familles précaires),
  • le développement d’espaces de médiation et de dialogue,
  • la mixité sociale et générationnelle dans les logements et les activités,
  • et le soutien aux initiatives de solidarité locale (épiceries sociales, cafés suspendus, entraide numérique).

PRENDRE SOIN DU VIVANT

“Avant, on écoutait les saisons. Maintenant, on écoute la météo du téléphone.” Cahier de doléances, Somme.

Dans les cahiers de doléances, l’écologie n’est pas un sujet “à part”. Elle traverse tout : la santé, l’alimentation, le travail, les paysages, la vie de tous les jours. Ce n’est pas une idéologie, mais une expérience sensible et concrète. Les habitants parlent de ce qu’ils voient disparaître — les oiseaux, les haies, les mares — et de ce qu’ils veulent préserver : la beauté, la terre, la santé, la vie. Derrière la colère contre “l’écologie punitive”, on lit surtout une volonté d’agir autrement, à condition que la justice accompagne la transition.

La Terre nourricière

“On ne veut pas de pesticides dans nos rivières, ni dans nos assiettes.” Cahier de doléances, Eure

Les cahiers expriment un respect profond pour les paysans et pour la terre. Mais ils dénoncent aussi les logiques économiques qui ont fragilisé le monde agricole :
prix imposés, endettement, concentration des exploitations. Prendre soin du vivant, c’est redonner valeur à ce qui nourrit — les sols, les métiers, les savoir-faire, les paysages et les liens humains.
Les propositions issues du corpus convergent :

  • soutenir les petites fermes et l’agroécologie,
  • protéger les terres agricoles contre la spéculation,
  • encourager les circuits courts et les régies locales,
  • favoriser la coopération entre producteurs et habitants.

L’eau, l’air, l’énergie : les biens communs

“L’eau, c’est la vie. Elle ne doit pas être une source de profit.” Cahier de doléances, Ardèche

Dans les doléances, la question écologique est toujours liée à celle de la justice : qui profite, qui paie, qui subit ? Les biens communs deviennent ici une notion concrète, presque charnelle : c’est ce que l’on partage, ce qui ne peut être ni vendu ni abandonné. Les citoyens demandent :

  • une gestion publique et transparente de l’eau,
  • une réduction des pollutions industrielles et agricoles,
  • une transition énergétique équitable,
  • et une sobriété partagée : pas de sacrifices imposés à quelques-uns pendant que d’autres gaspillent.

Préserver les paysages, habiter autrement

“Les haies, les chemins, les arbres, c’est notre mémoire. Quand on les arrache, on arrache notre histoire.” Cahier de doléances, Saône-et-Loire.

Les citoyens expriment un attachement fort aux paysages, non pas par nostalgie, mais parce qu’ils sont la trame visible du lien entre l’humain et la nature. Ils refusent la bétonisation, l’étalement urbain, la destruction du vivant.
Les propositions évoquent :

  • la restauration des haies et de la biodiversité de proximité,
  • la réhabilitation du bâti ancien plutôt que la construction neuve,
  • une urbanisation sobre et concertée,
  • et la valorisation du patrimoine naturel comme levier d’éducation et de tourisme durable.

Vers une écologie du soin

“L’écologie n’est pas une option. C’est une manière d’aimer le monde.” Cahier de doléances, Haute-Loire

Les cahiers ne parlent pas d’écologie abstraite : ils parlent de prendre soin — du corps, des enfants, des anciens, du territoire. Cette écologie du soin appelle à une nouvelle relation au vivant : sociale, sensible et coopérative. Prendre soin du vivant, c’est aussi prendre soin du temps, redonner une valeur à la lenteur, à la transmission, à la continuité.
Les propositions citoyennes prolongent ce mouvement :

  • relier santé, alimentation, nature et culture dans les politiques locales,
  • soutenir les initiatives collectives (jardins partagés, vergers communaux, composts collectifs),
  • reconnaître les acteurs du vivant (paysans, soignants, artisans, éducateurs) comme des bâtisseurs du futur,
  • et replacer la santé environnementale au cœur des politiques publiques.

REFONDER L’ACTION PUBLIQUE

L’État, on ne le voit plus quand on a besoin de lui, et trop quand il vient nous contrôler.” Cahier de doléances. Cantal.

Les cahiers de doléances ne rejettent pas la République : ils en réclament le retour du visage humain. Ils disent une même aspiration : un État juste, clair et présent, qui protège sans mépriser, qui accompagne sans punir.

Des services publics à reconstruire

“On ne veut pas d’un service public virtuel, on veut des gens.” Cahier de doléances, Haute-Vienne

Les doléances racontent la retraite du service public : trésoreries remplacées par des formulaires, guichets par des plateformes, visages par des écrans. Cette perte de présence humaine est vécue comme une fracture d’égalité. Refonder l’action publique, c’est redonner chair à la République.
Les citoyens réclament :

  • le retour des services essentiels dans les communes rurales ;
  • des guichets de proximité physiques et compétents ;
  • la valorisation des métiers du service public ;
  • la simplification des démarches et du langage administratif ;
  • la reconnaissance du service public comme pilier du lien social.

 

Un État juste, pas bureaucratique

“L’argent public, on veut savoir où il va.” Cahier de doléances, Lot-et-Garonne

Les citoyens ne supportent plus l’opacité ni les privilèges. Ils réclament la transparence, l’efficacité et l’équité. Refonder l’action publique, c’est restaurer la confiance dans la dépense commune et rappeler que l’impôt, quand il est juste, unit. La justice fiscale est au cœur de cette exigence.
Les propositions convergent :

  • rétablir l’ISF, symbole d’équité ;
  • lutter contre la fraude et l’évasion fiscales ;
  • rendre la TVA plus juste ;
  • rendre compte localement de l’usage des budgets ;
  • sanctionner le gaspillage et la corruption.

Des élus au service du peuple

“Le maire, c’est le dernier visage de la République.” Cahier de doléances, Meuse

La colère contre les élus n’est pas un rejet du politique, mais une exigence de probité et de proximité. Les Français attendent des élus intègres, accessibles, exemplaires. Refonder l’action publique, c’est partir de cette confiance de proximité et la déployer à toutes les échelles.
Les doléances demandent :

  • la limitation du cumul et de la durée des mandats ;
  • un casier judiciaire vierge pour les candidats ;
  • la transparence des rémunérations et avantages ;
  • un contrôle citoyen des engagements ;
  • et la formation continue des élus locaux.

Redonner du pouvoir aux communes

“Les décisions se prennent trop loin, par des gens qui ne connaissent pas nos réalités.” Cahier de doléances, Aveyron

La centralisation excessive et la multiplication des strates administratives sont perçues comme une perte d’efficacité et de sens. Les citoyens veulent retrouver le pouvoir d’agir localement.
Les propositions évoquent :

  • la reconnaissance pleine des communes comme cellules de base de la République ;
  • des intercommunalités de projet, non de gestion ;
  • la co-construction citoyenne des décisions locales ;
  • la simplification des normes ;
  • le retour du droit à l’expérimentation.

Réconcilier l'Etat et la société

“Nous ne voulons pas d’un État fort, mais d’un État juste.” Cahier de doléances, Somme

Les doléances appellent à un nouvel équilibre entre autorité et confiance.
L’État doit devenir un partenaire des territoires, non un surplomb. Refonder l’action publique, c’est transformer la verticalité en coopération, la défiance en confiance active. Cela suppose :

  • un dialogue permanent entre services de l’État, collectivités et citoyens ;
  • la reconnaissance de l’intelligence locale, citoyenne ;
  • des politiques publiques co-construites.

Vers une démocratie continue

“La démocratie, ce n’est pas un événement tous les cinq ans, c’est une pratique de tous les jours.” Cahier de doléances, Vienne

Beaucoup de doléances ne se contentent plus du vote : elles réclament une démocratie vivante et permanente. Les propositions issues du corpus appellent à :

  • des assemblées citoyennes locales pérennes,
  • le tirage au sort de citoyens pour participer aux décisions,
  • la consultation régulière des habitants sur les projets,
  • et des budgets participatifs à l’échelle communale.

Tranquillité publique et sentiment de sécurité

“La sécurité, c’est pouvoir dormir tranquille et se parler sans crainte.” Cahier de doléances, Oise

Les cahiers parlent peu de “sécurité” au sens policier, mais beaucoup de tranquillité. Ce que les habitants demandent, c’est une paix sociale retrouvée : moins de tension, moins d’incivilité, moins de mépris. La question migratoire, rarement évoquée, est abordée avec mesure et humanité : accueillir dignement, réguler avec clarté, éviter les amalgames. Ainsi, le mot central n’est pas “sécurité”, mais tranquillité : celle d’une société où chacun se sent respecté et protégé.
Ils expriment :

  • le besoin de justice rapide et équitable,
  • le souhait d’une présence humaine de proximité (médiation, prévention, police municipale),
  • le refus des discours de peur et de division,
  • la volonté que l’État protège sans oppresser.

RETROUVER CONFIANCE ET ESPÉRANCE

“Nous n’avons pas perdu la foi en la France, nous avons perdu la France qui croyait en nous.” Cahier de doléances, Nord

Après la fatigue du quotidien et la perte de repères, les cahiers révèlent une attente commune : retrouver la confiance, et avec elle, la possibilité d’espérer. Les Français ne demandent pas seulement des réformes : ils demandent un récit commun, une perspective qui les relie à nouveau.

La République à hauteur de citoyen.nes

“La République, on y tient. Mais on ne la reconnaît plus.” Cahier de doléances, Marne

Les doléances ne rejettent pas les valeurs républicaines. Au contraire, elles demandent qu’elles redeviennent visibles et vécues. Les citoyens souhaitent une République accessible, équitable, proche. Retrouver confiance, c’est ramener la République à hauteur de citoyennes et citoyens, dans les décisions, les regards, les lieux où la vie s’organise.
Les propositions citoyennes appellent à :

  • redonner du sens à la citoyenneté, par la participation locale ;
  • revaloriser l’engagement public et bénévole ;
  • enseigner les valeurs républicaines à travers la vie quotidienne ;
  • reconnaître la diversité des parcours comme une richesse.

Retisser le lien entre générations

“Les jeunes n’y croient plus. Les vieux ne s’y retrouvent plus.” Cahier de doléances, Tarn

Les doléances disent un décrochage générationnel : une jeunesse inquiète, un monde adulte désabusé, des anciens qui se sentent inutiles. Mais elles portent aussi un désir de transmission : apprendre des anciens, écouter les jeunes, partager le savoir et l’expérience. Retrouver confiance, c’est reconstruire des ponts entre âges et expériences, faire de la transmission une aventure commune.
Les propositions citoyennes insistent sur :

  • la création de lieux intergénérationnels ;
  • la valorisation du tutorat, du mentorat, de la mémoire vivante ;
  • la reconnaissance des jeunes comme force d’avenir et d’innovation ;
  • des programmes d’échange entre écoles, associations et aînés.

Réenchanter le futur

“On voudrait juste pouvoir se dire que demain ira mieux.” Cahier de doléances, Doubs.

Les citoyens ne croient plus aux promesses creuses, mais ils croient encore en la vie, en la justice, en la solidarité. Leurs doléances ne sont pas des plaintes : ce sont des projets d’espérance. Réenchanter le futur, c’est retrouver la fierté d’agir ensemble, de croire à la possibilité d’une vie bonne, juste et partagée. Les propositions citoyennes appellent à :

  • inventer de nouveaux récits collectifs, ancrés dans le local et le réel ;
  • soutenir les initiatives d’éducation populaire et de coopération territoriale ;
  • replacer la culture, la beauté, le vivant et la connaissance au cœur du politique ;
  • construire une écologie de l’espérance, faite de sobriété, de solidarité et de sens.

De la défiance à la coopération

“La confiance, ça ne se décrète pas, ça se pratique.” Cahier de doléances, Landes

Les doléances témoignent d’une immense envie de participer : les citoyens veulent être associés, pas seulement consultés. Ils réclament un pouvoir d’agir réel, non symbolique. Retrouver confiance et espérance, c’est passer de la protestation à la participation, et de la méfiance à la responsabilité partagée.
Les propositions convergent vers une démocratie coopérative :

  • reconnaître la légitimité des initiatives locales,
  • créer des espaces de dialogue permanents entre élus et habitants,
  • partager les responsabilités dans la mise en œuvre des politiques,
  • évaluer les décisions avec les citoyens, et non à leur place.